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Le jute, une matière écologique ?

Intro sur la matière

Jute est le nom utilisé pour faire référence aux plantes du genre Corchorus. Ce sont des plantes tropicales annuelles de la famille des Tiliacée. Il existe plusieurs espèces du genre pour produire de la fibre de Jute. Toutefois, les deux espèces qui sont principalement cultivées pour cet effet sont : Corchorus capsularis et Corchorus olitorius.

Cette fibre est essentiellement composée de cellulose végétale et de lignine. Ce sont respectivement les principaux composants de la fibre végétale et de la fibre de bois.

Surnommée la « fibre d’or » en raison de ses reflets dorés. Le jute est l’une des fibres naturelles les plus longues et surtout l’une des plus utilisées notamment dans divers textiles. 

Afin d’obtenir la matière finale, cette fibre est également soumise au rouissage où deux techniques sont utilisées : la méthode biologique et la méthode chimique. On s’intéressera ici à la méthode biologique. C’est la plus répandue en raison des coûts élevés des produits utilisés pour la méthode chimique. La séparation biologique n’est autre qu’un ensemble de plusieurs techniques permettant de lier les troncs en faisceaux afin de les faire tremper dans de l’eau. Finalement, la partie de la fibre de jute qui sera tissée, s’obtient en grattant l’écorce filamenteuse.

Les longues tiges qui forment la fibre ne pourront être emmenées dans les différents marchés des régions productrices qu’une fois totalement sèches. Pour vous donner une idée, un kilo de fibre de jute coûte environ 500 Taka au Bangladesh, ce qui correspond à 5 Euros

Les usages du jute

Sa trop forte teneur en ligne naturel empêche une large utilisation de la fibre de jute dans la production de tissu destinée à l’habillement.

Son utilisation principale a longtemps été la fabrication de sacs d’emballage et de transports. Étant qualifiée de fibre « polyvalente », le jute possède une caractéristique très intéressante. En effet, cette fibre a la possibilité d’être utilisée indépendamment ou bien avec diverses autres fibres et matières.

Avec la révolution industrielle, la fibre de jute a largement devancé le lin et le chanvre notamment dans la production de sacs ; production qui représente encore à ce jour, l’essentiel des produits issus de cette fibre. 

Le jute et le textile

Pour ce qui est de l’univers du textile, le jute est principalement adopté dans la fabrication de fils et de ficelles. On le retrouve également dans diverses toiles mais aussi  tapis. La fibre de jute est également tissée pour devenir des rideaux ou encore des revêtements de chaises. Avant d’en arriver là, elle doit être associée à des fibres naturelles ou alors synthétique. Ce procédé permet une plus grande résistance à la traction, une faible extensibilité et permet d’améliorer la respirabilité.

Grâce à ses propriétés biodégradables, le jute se retrouve dans des toiles de mottes (toiles qui entourent la motte de terre des jeunes arbres à planter). Mais aussi dans les géotextiles qui servent à maintenir les sols et à prévenir de l’érosion.

Oui oui, vous avez bien lu, la fibre de jute peut rester dans la terre ! Une fois au chaud, la fibre se désintègre et il n’est donc pas nécessaire de la retirer du sol. Pour terminer, bien qu’il ne retienne que moyennement l’humidité, le jute reste un bon isolant. Il affiche une faible conductivité thermique et possède des propriétés antistatiques. 

La dernière utilisation de la toile de jute se fait au niveau des emballages. Il s’agit d’un excellent contenant pour les produits agricoles mais aussi une matière intégrée dans des emballages rigides pour renforcer le plastique.

Et au niveau de l'environnement ?

Comme évoqué précédemment, la fibre de jute est biodégradable mais aussi recyclable !

Le jute est respectueux de l’environnement dès sa culture. En effet, un hectare de cette plante consomme près de 15 tonnes de dioxyde de carbone pour ensuite relâcher 11 tonnes d’oxygène grâce à la photosynthèse.

Toujours dans une optique de respect de l’environnement, une rotation des cultures à lieu. Le but est de préserver et d’améliorer la fertilité des sols. Ainsi, une année sur trois, un hectare est laissé en jachère (c’est-à-dire, que rien n’est planté sur cette parcelle) afin que le sol puisse se reposer.

Le jute est également une alternative au bois dans la fabrication des pâtes à papier. C’est une innovation intéressante qui permet de contrer l’abattage méthodique des arbres pour la production de papeterie.

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