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Convention citoyenne pour le climat : les propositions phares

Le rapport de la Convention citoyenne pour le climat a été rendu public dimanche 21 juin. Dans ce rapport, 149 propositions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % en France d’ici les 10 prochaines années. Un défi pour le gouvernement qui va devoir en ressortir le meilleur, et plus encore, le mettre en application.

Les différentes propositions réfléchies par les 150 français de la Convention citoyenne pour le climat s’articulent autour de 5 thèmes principaux. Se déplacer, consommer, se loger, se nourrir et enfin produire et travailler. Les 9 mois de réflexion ont donné lieu à un rapport de plusieurs centaines de pages. Certaines mesures sortent du lot.

En ce qui concerne les déplacements, une proposition fait débat. Celle d’abaisser la limitation de vitesse sur autoroute. Elle passerait de 130km/h à 110km/h. En effet, la mesure aurait pour conséquence de faire baisser le taux de particules fines dans l’air, mais elle est loin de faire l’unanimité.

Autre moyen de transport, autre proposition. La Convention plébiscite une réduction d’un peu plus de 5 % de TVA sur les billets de train. L’Allemagne a opté pour cette option en janvier 2020, passant de 19 à 7 % de TVA. Nous sommes actuellement en France à 10 %, une marche de manœuvre est donc existante. Le train étant le moyen de transport longue distance le plus écologique, le rendre plus attractif n’est en tous cas pas négligeable.

A l’inverse l’avion est très polluant, c’est pourquoi le rapport préconise une éco-contribution comprise entre 30 et 1200 euros par billet. De quoi engendrer un tollé du côté des compagnies aériennes. Mais selon les chiffres du journal Le Monde, les avions auraient dispersé presque 920 millions de tonnes de CO2 dans le ciel rien qu’en 2018. Il y a donc une carte à jouer.

Consommer

La Convention s’attaque également à nos modèles de consommation et propose l’encadrement juridique de la publicité et la création d’un score carbone avec dans leur ligne de mire les produits les plus polluants. Greenpeace est d’ailleurs en train de militer contre cette catégorie de produits et services en camouflant par exemple les affiches publicitaires de certaines voitures.

Revoir nos modes de vie passe bien par le fait de revoir nos envies, et nos envies sont entre autres influencées par la publicité, le cheminement de pensée est donc cohérent. Mais le Gouvernement osera-t’il à se mettre les grands groupes industriels à dos ? Rien n’est moins sûr.

La consommation d’énergie est d’ailleurs au cœur de la vie de tous les jours, que ce soit au bureau, au supermarché, ou en terrasse. C’est pourquoi le rapport stipule qu’il faudrait, en dessous d’un certain seuil de chaleur, interdire la climatisation dans certains lieux publics. Dans la même idée, il suggère la fin des terrasses chauffées. C’est en tous cas ce qui a été mis en place à Rennes le 1er janvier, et pour l’instant personne n’en est mort.

Se loger

L’isolation est le point clé d’une maison autonome et écologique. C’est également un point important pour un habitat classique en terme de sauvegarde d’énergie. Une bonne isolation permet en effet de chauffer moins en hiver et de ne pas avoir à abuser de la climatisation ou d’un ventilateur en été. Partant de ce constat, les 150 citoyens de la Convention ont voté pour une rénovation énergétique obligatoire des logements classés F ou G d’ici 2030. Cette loi potentielle concernerait les copropriétés, logements sociaux, et habitats mis en location. La classe moyenne risque d’avoir du mal à accepter cette contrainte, car elle a un coût.

Ils envisagent aussi la construction d’habitats collectifs dans les zones pavillonnaires, afin de permettre une certaine densification. Ce qui d’un point de vue économique est avantageux car il induit un partage des frais. Ce qui est aussi écologique. Par exemple, au lieu d’avoir un chauffage pour une ou deux personnes, c’est ici plusieurs familles qui pourraient utiliser une même source de chaleur. La mutualisation est un élément vert.

Se nourrir

En revanche ce qui n’est pas vert, ce sont les champs bourrés de pesticides, bien qu’ils en ont l’apparence. Raison pour laquelle la Convention suggère l’interdiction des pesticides dangereux. Ils nuisent à la biodiversité en menaçant de rompre la chaîne alimentaire puisqu’ils tuent des espèces mais s’attaquent aussi à l’Homme, car pourraient provoquer infertilité et cancers. Interdire les plus nocifs serait donc une belle avancée. Dans une même optique sanitaire, le souhait d’arrêter l’importation de soja OGM a été exprimé.

Le bio, à l’inverse est valorisé, les jardins zéro déchet sont mis en avant. Les participants de la Convention citoyenne pour le climat souhaitent donner un coup de pouce aux cantines bios et locales. Les enfants mangeraient ainsi plus sainement et seraient un minimum sensibilisés à la cause environnementale. Mais la base de tout est l’agriculture, et rendre la politique agricole plus respectueuse de la Terre n’est pas une mince affaire. 

Produire et travailler

Travailler plus pour gagner plus serait démodé. Passer de 35h à 28h pour produire moins est une philosophie préférée par les membres de la Convention. Ils imaginent alors une revalorisation du SMIC à hauteur de 20 % pour compenser la baisse des revenus. Ce schéma a une chance plus qu’infime de voir le jour. Tant que les besoins et envies des Hommes n’auront pas diminués, il faudra toujours produire et produire encore. Surtout qu’à cette ère, des technologies fleurissent chaque jour.

En revanche, le conditionnement des aides publiques aux entreprises prenant un tournant positif en terme d’émissions de gaz à effet de serre pourrait motiver les troupes à enclencher une transition énergétique. Mais tout reste une question de volonté.

L’accompagnement est donc de mise, notamment avec une proposition d’aide dans la reconversion des entreprises polluantes mais également dans la transformation des métiers et des outils de travail. Un vent de grands changements est insufflé par la Convention. Reste à voir ce qui va être appliqué par le Gouvernement.